L’entrée au collège : l’étape de l’extrême !

Le passage au collège, en sixième, est symbolique pour de nombreux parents et enfants. Ce passage est fort mais finalement très peu compris réellement.

Eh oui, l’enfant grandit, il « rentre dans la cours des grands ». D’ailleurs, sans le vouloir, on met une certaine pression dans nos mots, et on crée des attentes et des peurs chez nos enfants.

Ce passage est important, il est symbolique, j’en suis certaine. Mais laisse moi t’expliquer en quoi il n’est pas QUE symbolique et comment l’aborder pour ne pas induire trop de stress chez ton enfant.

La 6ème : ce qui se cache derrière la symbolique !

L’entrée en 6ème implique énormément de choses pour notre pré-adolescent en construction. D’ailleurs, c’est bien souvent le début des « problèmes » pour le parent qui ne comprend plus vraiment son enfant, qui s’étonne de comportement. La relation parent/enfant change, les attentes et demandes de l’enfant également. Et souvent, nous interprétons mal l’ensemble, ce qui peut nous pousser à avoir une réponse inappropriée et tendre davantage la relation.

La 6ème, à proprement parler, c’est repasser de nouveau « le plus jeune de la cours de récréation ». Et cela implique beaucoup dans la tête de notre enfant. Alors qu’il était, l’année passée, le plus vieux de la cour (un peu le roi 😉 ), il se retrouve de nouveau le plus jeune . Il est à la fois captivé par « les plus grands » et peut chercher à les imiter, s’y confronter ou à être parmi eux. Il entend dire qu’il « est un grand maintenant » mais en même temps fais partie des plus jeunes de l’établissement. C’est un paradoxe qui déstabilise, qui fait pousser des ailes dans le dos de certains.

Entrée au collège = Changements énormes !

À commencer par les repères au quotidien : prendre ses marques dans le nouvel établissement, les camarades, les heures, la routine d’avant et après école. Il ne va plus avoir un professeur unique (et donc une figure de référence) mais plusieurs professeurs, voire même changer de salle à chaque heure.

Bref, tout ce que l’enfant connaissait et qui le rassurait va changer très rapidement. Il n’y a pas, ou peu, de période d’essai, d’adaptation pour que le changement soit le plus doux possible.

C’est comme si, du jour au lendemain, tu changeais non seulement ton lieu et rythme de travail sans savoir réellement dans quoi tu t’embarques, mais aussi tes routines quotidiennes.

C’est fatiguant et stressant, d’autant plus que l’enfant en entend parler comme d’une étape importante.

Et puis le collège c’est un rythme différent dans bien des points : Les journées sont plus longues, plus chargées à la fois en termes d’heures de scolarisation que de quantité de travail et de contenu sur la journée.

Il a une amplitude horaire plus importante (souvent accentué par le transport matin et soir) et une dose de devoirs également plus conséquente. Tout cela demande donc un temps de concentration et d’écoute beaucoup plus important que par le passé.

Et enfin, tout cela en demandant à l’enfant d’être plus responsable dans son travail, dans son organisation. Nous lui demandons d’être autonome et plus mature en l’espace de deux mois de vacances (qui sont, en plus, hors contexte scolaire).

Le statut de l’enfant à l’adolescent va changer en un été. Or, dans le cerveau de notre enfant, les choses ne sont pas si simples, faciles et rapides que cela. Le cerveau va continuer à se construire pendant plusieurs années, et notre posture (à nous parents, mais également à l’ensemble des adultes qui vont être de la fête) va impacter la construction de l’adulte en devenir.

Il est là le paradoxe : encore une fois, nous en demandons trop à nos enfants.

Nous avons envers eux, plus d’exigences que nous nous en imposerions à nous même. Alors la faute n’est pas à porter par nous, parents. Mais plutôt à une société, un fonctionnement qui oublie ce qu’est l’enfant : une personne en construction, avec des besoins et un rythme biologique. Le système, tel qu’il est construit, ne prend pas en compte l’enfant dans sa globalité. Et plutôt que de construire le système en fonction des besoins de l’enfant, il est construit en fonction des attentes/ besoins de la société.

Ce paragraphe est transposable à bien des sujets à l’heure actuelle : les modes de garde (notamment les crèches), le monde du travail etc…

Nous ne pouvons pas changer le système à nous seuls pour qu’il réponde plus aux besoins de nos enfants. Pour autant, nous pouvons, en tant que parents, faire en sorte que cette transition soit la plus douce possible. Voici donc mes conseils pour traverser ce changement en douceur.

ANTICIPER

Tu peux anticiper pleins de choses en vue de la rentrée.

Dès mai/juin, tu peux déjà faire évoluer la relation que ton enfant a avec l’école.

Par exemple, en le laissant prendre en main sa gestion des devoirs : tu mets en place une routine d’après-école/nounou/garderie qui intègre les leçons à sa propre initiative.

Il n’est plus passif avec son emploi du temps mais bien actif dans son organisation :

– « J’ai besoin de quoi pour l’école demain ? »

– « Est ce que la maîtresse m’a demandé de faire quelque chose ? »

Et, à toi de changer ta posture : tu ne vas plus prendre les devants, mais l’accompagner à la mise en route de ses devoirs, de la préparation de son sac ou de sa tenue du lendemain.

Parfois, cette routine est déjà acquise en primaire mais si ce n’est pas le cas, n’hésites pas à la mettre en place.

Tu peux aussi mettre en place une routine visuelle sur tout ce qui concerne le quotidien. J’entends beaucoup de parents me dire « Je suis toujours derrière ». Si c’est ton cas et que cela te pose problème, alors construit avec ton enfant un visuel qui lui permettra de savoir ce qu’il a à faire et quand, sans que tu aies besoin de lui répéter. L’outil doit être visible facilement par ton enfant.

Quand je parle d’anticipation, je pense également à une visite du futur établissement ou voire même, si c’est possible, à de l’immersion sur des journées/demi-journées. Visualiser, vivre les choses avec des camarades ou sur une courte durée permet de mieux les appréhender par la suite. Il y aura l’angoisse des locaux en moins pour le jour de la rentrée.

C’est aussi préparer le trajet : si il faut prendre le bus à partir de septembre, il est important de faire le trajet plusieurs fois dans l’été afin de prendre de vrais repères. Le faire une fois ou passer devant une fois ne suffira pas, surtout le jour J avec l’angoisse de tous les changements.

N’hésites pas à accompagner ton enfant dans le transport, à le faire avec lui ou à passer régulièrement devant les endroits où il devra changer/descendre de son bus.

Tu peux aussi évoquer avec ton enfant tout ce qui va changer pour lui, les lister ensemble, voir ce que vous pouvez ensemble dès à présent anticiper. Cela permet un changement en douceur et de placer ton enfant en acteur de ce changement.

Organiser

Septembre est souvent un mois de changement pour toute la famille : l’école, les activités, le sport, la reprise d’un rythme plus important tant personnel que professionnel. Pour que aucun besoin ne soit oublié (même les tiens), prenez le temps dès les vacances de réfléchir à ce que chacun souhaite faire, et travaillez ensemble à une organisation possible. Elle va prendre en compte :

les impératifs liées au travail/école (notamment les horaires) ;

les activités de chaque membre de la famille ;

les temps consacrés à la famille, au couple ou à soi. Il est important de donner une temporalité à tout ça (une fois par semaine/par mois/par trimestre) pour ne pas les oublier.

Ils sont les bases de la famille.

Ainsi, tu auras un visuel de tout ce qui revient chaque semaine/mois et personne ne sera oublié.

Autour de ça, tu brodes les routines de chacun pour vivre le quotidien le plus sereinement possible.

Bien entendu, construire cette organisation se fait tous ensemble : les deux parents et les enfants en âge de participer (dès le plus jeune âge, un enfant peut participer, même d’une petite manière).

La participation de chacun est essentielle pour la réussite du projet.

Accompagner

Je ne cesse de le répéter : la parentalité, c’est accompagner.

La posture du parent permet à l’enfant de mieux vivre l’instant présent, de se sentir en sécurité, serein et donc d’y aller. N’hésites pas à rassurer ton enfant, à lui demander à chaque étape de ce dont il a besoin, à l’aider à verbaliser ses sentiments (le jour de la rentrée, dès que quelque chose le turlupine).

Et prends en compte ce qu’il te dis, ne remets pas en question ses paroles ou sentiments mais plutôt cherche à l’accompagner dans la compréhension de ce qui se passe : « Qu’est ce qui te fais dire ça ? », « Toi, tu en penses quoi ? », « Tu penses qu’il faudrait faire quoi/comment ? », « Qu’est ce que ça crée en toi quand il se passe ça ? ».

Bref, plus il va verbaliser, plus tu vas l’accompagner, plus il prendra conscience et apprendra à trouver les réponses adéquates lui-même.

Ton enfant ne va pas devenir plus autonome, responsable ou mature en un été. Il faut en prendre conscience. Et la encore, ton positionnement sera essentiel pour qu’il prenne conscience de ce qu’on attend maintenant de lui.

Accompagne le dans ses nouvelles responsabilités, dans sa mise au travail, dans son organisation face à ses leçons ou son temps libre.

Attention, l’accompagner, ce n’est pas le fliquer ou réfléchir à sa place.

Permet lui d’avoir un cadre rassurant qui le fait grandir sans être dans l’insécurité.

Relativiser

A tort, nous mettons beaucoup d’attentes dans cette rentrée. Peut-être que nous « l’idéalisons » trop. En la pensant comme une étape importante et donc à réussir, nous nous mettons une pression inutile. Et surtout, nous mettons une pression à notre enfant. Notamment parce que nos enfants entendent les discours que nous portons envers eux. Ils vont donc se conditionner. Et si nous voyons cette étape comme importante, à ne pas louper, pleine de responsabilité, de « tu es un grand maintenant », ils vont s’en inquiéter, se stresser. Et nous savons très bien ce que le stress provoque : la fuite, le figement ou la rébellion. Et aucun de ces choix ne nous convient.

Alors, je pense sincèrement que la clé de la réussite c’est notre posture, notre discours. Si notre enfant nous sent serein, si nous l’incluons dans cette nouvelle rentrée pleine de changement et si nous l’accompagnons dans ceux-ci, il n’y a pas de raison que ça se passe mal.

Et si c’est le contraire ?

Si la 6ème est synonyme de difficulté à s’organiser, de notes moins bonnes, de bavardages, de « manque de maturité ». Y a t il mort d’homme ? Est ce que cela conditionnera toute la vie de notre enfant ? Je ne pense pas.

Il faut du temps pour mûrir, pour savoir ce que l’on veut (et certains ne le sauront jamais), pour accepter le changement. Soyons indulgent envers nos enfants s’il leur faut du temps. Acceptons qu’ils se trompent et qu’ils assument la responsabilité de leur erreur. C’est aussi un apprentissage que d’avoir une mauvaise note, ou d’être collé parce qu’un devoir n’est pas fait.

Le redoublement peut être nécessaire si un an ne suffit pas à mettre en place ce changement. Ce qui aidera nos enfants, c’est notre positionnement aussi dans ces moments la. Nos mots, nos actes, notre posture, notre capacité à accueillir la nouvelle et à l’accompagner dans la compréhension de celle ci.

Rien n’est simple lorsqu’on grandit.

Rien n’est simple dans la parentalité.

Mais bien accompagné, tout est surmontable. Je comprends la difficulté que représente ces moments là pour un parent.

C’est aussi pour ça que je peux t’accompagner. Alors n’hésites pas à m’envoyer un petit message pour que ta rentrée soit plus sereine et que la relation avec ton enfant ne soit pas source de tension.

Rien n’est simple lorsqu’on grandit.

Rien n’est simple dans la parentalité.

Mais bien accompagné, tout est surmontable. Je comprends la difficulté que représente ces moments là pour un parent.

C’est aussi pour ça que je peux t’accompagner. Alors n’hésites pas à m’envoyer un petit message pour que ta rentrée soit plus sereine et que la relation avec ton enfant ne soit pas source de tension.

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